Première journée des Eurockéennes de Belfort 2012

Cantat de retour aux Eurocks 2012

Cantat de retour aux Eurocks 2012 - Photo : JC Daenekyndt/L'Aire urbaine.info

Soirée d’inauguration très estivale à Belfort qui accueille pour la 24ème fois des milliers de festivaliers dans le giron du Malsaucy. La canicule n’a pas empêché les mélomanes et autres fêtards de venir tremper leurs orteils dans une nouvelle session musicale toute fraîche.

Michael Kawanuka

Michael Kawanuka - Photo : JC Daenekyndt / L'Aire urbaine.info

Au programme : des bonnes plages rafraichissantes et entraînantes et aussi quelques douches froides.
Une faute de com’ tout d’abord. Amadou et Mariam sur le Green certes mais pas si seuls que ça. Bertrand Cantat, ex-leader de Noir Désir, est là et ne se contente pas d’une brève apparition. Impliqué dans leur nouvel opus, il l’est tout autant dans le live des deux maliens. Il y a d’ailleurs comme un air d’échange de bon procédé dans cette présence. Il ne faut pas s’y tromper, la majorité du public est venu voir le subversif rocker. En témoigne les marées montantes et descendantes des auditeurs en fonction de ses départs et retours sur scène. Amadou et Mariam n’en sont pas dupes et clament entre deux chansons traditionnelles le nom de leur invité comme des bonimenteurs pour amadouer le chaland. J’en ai presque de la peine pour eux. Je suis pourtant bien forcée d’admettre que leur invité met le feu autour d’eux et qu’il trimballe son charisme comme d’autres portent leur veste sur le dos. Bien obligée aussi de me rendre à l’évidence : il a cruellement manqué au paysage musical francophone. La reprise de Led Zeppelin, All my love, finit tout à fait à me faire oublier qu’au départ j’étais venue entendre une part d’Afrique, et me laisse sur la peau des petits poils tout hérissés.

Michael Kiwanuka investit la scène de la plage dont la situation les pieds dans l’eau ne finit pas de m’enchanter. Le chanteur britannique offre une session toute bluesy faite d’improvisations langoureuses. Le son est tout aussi caressant que la petite brise qui se lève dans ce concert de crépuscule. Le soleil cède la place à la lune et Michael Kiwanuka enchaîne les tubes de Home Again devant un parterre relativement clairsemé mais tout à fait conquis.

Sans transition The Kooks entament leur set sur la Green Room. Les petits Anglais rencontrés lors de leur tout premier concert en France il y a presque sept ans ont pris de l’allure mais pas le melon (tiens, ça sent la pastèque derrière moi) et s’adressent au public en français autant que possible. Les tubes anciens et nouveaux s’enchaînent dans un jeu de lumières particulièrement réussi. Ça saute et ça se trémousse sans temps mort même lorsque Pritchard se retrouve seul avec sa guitare pour quelques morceaux acoustiques tout à fait jouissifs. Qu’ils sont forts ces Kooks !

Shaka Ponk

Shaka Ponk - Photo : JC Daenekyndt / L'Aire urbaine.info

La fin de soirée promet d’être réjouissante avec deux groupes qui font le buzz ces derniers mois : C2C et Shaka Ponk. C2C qui rassemble les entités d’Hocus Pocus et Beat Torrent présente un set techniquement impeccable. Les 4 DJ tout en connivence mixent proprement toute une panoplie de sons aux références hétéroclites : soul, jazz, gospel ou encore swing. Malheureusement, la prestation a le défaut d’avoir le cul entre deux chaises si vous me permettez l’expression. Ni lounge music ni électro dance véritable, nos derrières hésitent entre s’asseoir par terre et se dandiner furieusement. Au final, beaucoup de potentiel qui reste à explorer pour exploser véritablement.

Enfin, Shaka Ponk finissent la soirée sur une note mi-figue mi-raisin. J’ai du mal à saisir l’engouement qui entoure le groupe de métal (rock) français. Si le show est visuellement particulièrement réussi, le son sonne creux et les morceaux s’enchaînent sans vraie originalité. La touche électro est malheureusement trop ténue pour faire décoller le parterre assez léthargique. L’ensemble semble fonctionner essentiellement sur le dynamisme de Frah et la voix troublante de Sahama Sam sans oublier Goz, la mascotte simiesque qui n’est pas sans rappeler un certain Gorillaz, si ce n’est que les 2 animaux ne jouent assurément pas dans la même cage.

C.D

Hubert-Félix Thiéfaine

Hubert-Félix Thiéfaine - Photo : JC Daenekyndt / L'Aire urbaine.info

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